Agriculteurs en devenir

Ils et Elles ont entre 14 et 32 ans, se rêvent agriculteurs ou s’installent à leur compte sur une exploitation. Demain ce sont eux qui rempliront vos assiettes. Mais qu’est-ce qui les motive ? Pourquoi, en 2019, se lancer en agriculture ? Flore est allée du Jura jusqu’en Provence, pour rencontrer les agriculteurs en devenir, découvrir leurs aspirations, leurs doutes, leurs échecs et leurs réussites.

Du conventionnel au bio, des subventions aux tarifs de la grande distribution, l’agriculture française est parcourue, en ce début de XXIe siècle, par une série de tensions et d’injonctions contradictoires. Plus qu’une crise profonde, celles-ci démontrent le retour de l’agriculture au cœur des préoccupations collectives. Figée dans une image d’Epinal dépassée, écartée de nos préoccupations par la consommation de masse, qui aurait cru, il y a quelques décennies seulement, à ce retour dont témoigne la fréquence des sujets agri et conso dans la presse ou l’affluence toujours plus forte au Salon international de l’agriculture.
Toutefois, si l’agriculture est sur la place publique, ce n’est pas le cas du métier d’agriculteur qui, de crise en crise, souffre d’une réputation de tâcherons de la glaise, ou, à l’inverse, de néo-ruraux rêveurs. Les images d’une nouvelle agriculture, plus bio ou plus technique, cachent mal une population qui peine à se renouveler : entre 2000 et 2014, le nombre d’agriculteurs actifs est passé de 967 000 à 760 000 personnes. Dans le même temps, le nombre d’exploitations a diminué d’un tiers, 200 000 exploitations disparaissant ou étant absorbées dans de plus grosses structures.
A quoi rêvent nos jeunes agriculteurs ? A quelle agriculture aspirent-ils ? S’inscrivent-ils dans la continuité de leurs prédécesseurs ou veulent-ils renouveler leur profession ? Qu’est-ce qui les attire dans ce métier, quel quotidien ? Des montagnes du Jura à celles du Bugey, en passant par les plaines maraichères du Sud de la France, je suis allée à la rencontre de ces agriculteurs en devenir. Qu’ils viennent d’un milieu agricole ou non, qu’ils élèvent des animaux ou fassent pousser les légumes que nous mangerons demain, pour essayer de comprendre ce qui, à l’heure de la société numérique, pousse ces jeunes à s’accrocher à la terre. Une seule chose est sûre, ce métier, ils veulent le vivre.