Contre la loi Travail, la rue occupée

Suivre les différentes manifestations contre la loi Travail, c’est aussi l’occasion d’observer d’autres choses que l’acte militant et de s’attarder sur certains gestes ou détails.
Lors de la manifestation de ce samedi 9 avril, je vois des lycéens en lutte qui ont pris soin de se masquer mais qui se prennent en photo avec leur smartphone ! Ambiguïté de la posture, de l’anonymat et de la place de l’image.
Je continue à garder l’œil sur l’arrière-plan, le décor, l’environnement. J’y trouve un papy qui observe tranquillement la manifestation à la Guillotière ou un couple de lycéens pas forcément d’accord sur la direction à prendre, ou bien juste fatigués. Ou encore les CRS qui n’ont pas arrêté de courir le long du parcours et dont la nervosité contraste avec la sérénité de certains manifestants qui se baladent.
Le cortège le plus énergique, principalement composé de lycéens - mais pas que -, se structure de plus en plus, et leur tentative, échouée, de bifurquer vers le siège du Parti Socialiste donne lieu à une autre action réussie après la manifestation. Je vois ainsi la vitrine du PS se faire joliment barbouillée de peinture et être la cible d’un bon nombre de projectiles variés.
J’enchaine ensuite avec la Nuit Debout du #40mars sur la place Guichard où la logistique a bien évolué depuis celle du 31 mars avec des commissions repas, communication, action, débats, ... et que je ressens comme une rupture dans le quotidien, où la parole de certain-es tente de se libérer.